On trouve dès l’antiquité les traces d’une riche activité maritime dans la cité d’Aleth, à l’emplacement de l’actuel Saint-Servan. Mais C’est à un moine gallois, nommé Maclow (ou Mac Law), que la ville doit aujourd’hui son nom. On dit qu’il a voyagé sept ans au pays des glaces et des banquises, à la recherche du paradis, avant de débarquer vers le 7ème siècle sur la côte d’Emeraude, à Cezembre.
Accueilli par l’ermite Aaron, il rejoint la cité d’Aleth, aujourd’hui Saint-Servan où il y devient évêque et restaure la foi. Controversé par une partie de la population, il s’exile en Saintonge où il meurt en 627.
Au XIIème siècle, l’évêque Jean de Châtillon réussit à transférer le siège de son diocèse sur le rocher voisin de Saint-Malo, qui n’est encore qu’un enclos monastique. Il élargit le droit d’asile de la cathédrale à l’ensemble de la ville ce qui provoque l’arrivée massive d’une nouvelle population de marchands, d’artisans, d’armateurs, de hardis marins et de corsaires.
Dès lors, l’esprit frondeur et revendicatif des Malouins se distingue et son habileté politique lui vaut de nombreux privilèges longtemps défendus face au pouvoir ducal. Pendant la guerre de succession de Bretagne, en 1394, la cité, opposée au Duc de Bretagne, choisit de se donner au roi de France, Charles VI. Elle devient pour vingt et un ans une enclave française au statut de port franc qui lui assure sa prospérité. De cette époque datent les fondations du château. Le roi rend ensuite la cité malouine au duc Jean V en remerciement de son alliance contre les Anglais.
La ville fut presque entièrement détruite lors des combats de la libération. En août 1944 afin d’en déloger une garnison allemande. Elle a été reconstruite presque à l’identique et offre ainsi, comme par le passé pour les visiteurs venant du large, cette réelle impression d’être la “forteresse de la mer”. Nombre de grands hommes ont fait l’histoire et la renommée du pays : Cartier, Duguay-Trouin, Lamennais, etc. Ils sont tous présents, autour de la vieille ville : ils y ont tous leur statue. Elle rappelle au visiteur qu’il foule un sol illustre …
Ceux dont le nom revient le plus souvent sur les lèvres représentent les deux extrêmes de l’âme malouine : Surcouf, valeureux corsaire qui a donné son surnom à la ville et Chateaubriand, le poète qui en écrivit les plus belles pages. Il repose, face à la mer sur l’îlot du Grand Bé.
Cathédrale de Saint-Malo
De la cathédrale romane il reste la nef et ses chapiteaux. Au milieu du XIIIème siècle, on a construit un chœur gothique. A la fin du XVème siècle, on a ouvert le collatéral sud. Pour le collatéral nord il a fallu attendre le début du 17ème siècle.
En 1858, on s’est lancé dans la construction d’un clocher néogothique qui a été détruit lors des bombardements de 1944. La flèche actuelle date de 1972. Mais la partie la plus étonnante de la cathédrale c’est le déambulatoire. On mesure un dénivelé de 2,50 mètres entre le fond de l’abside et la nef. La cathédrale est construite directement sur le rocher où s’était installé Saint-Malo en compagnie du moine ermite Aaron. Elle en épouse les contours. Là où le rocher descend, la cathédrale descend aussi. La où le rocher s’arrête, la cathédrale s’arrête aussi. Le fond de l’abside est droit, comme le rocher à cet endroit.
L’autel réalisé en 1992 par Arcabas et Etienne reprend l’iconographie des quatre évangélistes : L’homme, le lion, le taureau et l’aigle. Mais surtout, ami pèlerin du Tro-Breiz, ne quitte pas la cathédrale sans passer devant le vitrail moderne du Tro-Breiz (1958). On y retrouve de gauche à droite Saint-Paul Aurélien, Saint-Tugdual, Saint-Corentin, Saint-Malo, Saint-Guillaume, Saint-Samson et Saint-Patern. On notera que Saint-Brieuc a été remplacé par Saint-Guillaume, évêque de Saint Brieuc de 1220 à 1234.